ACTION
On est, tous qu’on est, tout c’ qu’on a, tous camés, contaminés, à dormir sous des draps de soie souillés.
C’est comme j’ constate depuis déjà tout p’ tit.
Tous saoulés, mais tous mouillés, tous comme les oufs dans le film de Rouch,
On y perd tous au final…
On s’en fout ! Quand même, on y va tout schuss.
Avec tous ces trucs chimiques louches, on bouffe à s’en péter la panse.
La chasse à cour, au quotidien, alimente le courroux et la transe.
Si les gourous font de leur terrain la France,
C’est que le jeu en vaut la chandelle.
On est tous leurs chambellans, mais j’ m’en branle,
J’ébranle le chambranle, comme au chamboule tout.
Faut qu’ ça s’écroule,
Que la foule s’ mette à gueuler,
Dans une envolée chaloupée,
Pour qu’ils aient les boules, boules, boules…
Le monde est fou, fou, fou, déboussolé.
Cramponnez-vous pour ne pas être désarçonnés, car
Le désastreux constat déroule ses articles de loi.
C’est la loi, c’est la loi,…
C’est la loi du jeu de l’oie.
Ah ça ira, ça ira !
A s’ battre comme un chacal pour un bout d’ gras,
T’étonne pas quand le diable te prendra.
On déboule, comme des mouches dans la soupe.
Déroule le tapis rouge pour tous mes bâtards qui louchent.
C’est pas des couilles molles.
Faut que la moule mouille,
Croustille la peau du poulet.
On n’a pas la chair de poule !
ATTRACTION
REFRAIN : Je suis comme un enfant,
Au Soleil levant.
Au gré du vent,
Toujours, je prends mon temps.
Mal à l’aise, dans ton regard, comme une anamnèse,
J’perse, me disperse. L’étincelle se fait fournaise.
Comme devant une falaise, ce sens me pèse.
Inévitablement, ma pupille, s’empourprant, me mène sous un vent brumant le temps qui nous sépare.
Alors, je pars, car j’en ai marre,
De rentrer tard le soir, de perdre mon temps dans les bars,
A boire le sang de l’innocent. Ouaih, file-moi un dollar !
J’t’ en fais des neurones affectés. Y’a plus qu’à ramasser
Mes états d’âme et l’émoi, sous le poids des drames
Qui se trament ici-bas, sans aucune morale.
Pourtant, mon ego fait qu’y a qu’une chose qui m’ travaille…
« Mais, qu’est-ce tu penses de tout ça, ma lolita ? »
Pourquoi, tout ça, ça rime à quoi ?
Tu crois en qui ? Tu crois en toi
Quand tu t’élances dans un chant de pensées,
Te menant sur la plage ou dans un champs de pensées,
Auprès de la belle encensée, docile, apprivoisée.
Quand elle s’épanche, l’on dépense sans compter.
Qu’elle se balance, on les sent escompter,
Friands de la princesse enchantée, facile, emprisonnée.
Un nuage de brume, à la lisière d’une haie de peupliers,
Rangés, tels un peloton d’exécutés,
Atténue, à ta vue, un flocon d’absurdité,
Dans le flot de songes qui m’inondent, manteau blanc sans onde.
Au loin, le froid de ce monde asocial, quand j’ suis avec toi.
L’enfant divague, vague à l’âme, ne chemar pas droit,
Oublie le poids de la loi,
De la loi du jeu de l’oie.
J’te jure, j’ai jamais été un petit chenapan.
J’ai toujours été gentil, même avec ma maman…
Plutôt qu’ me faire pardonner, j’ préfère la remercier.
S’excuser est trop aisé pour apaiser une âme épuisée !
Tant d’ folie pour une Bonnie Parker,
J’ai l’impuissance de Clyde Barrow.
Mon p’tit, j’ f’rai pas d’ vieux os !
Je suis un bonimenteur, tu m’ connais par cœur,
Prêt à briser des cœurs, pour pas r’tourner derrière les barreaux !
COMME ON DIT LA-BAS
Comme on dit là-bas, quand on t’ demandes « Où tu es ? »,
J’ suis là,
Quand on t’ demande si ça va,
Ca va !
Quand bien même on sait qu’ ça va pas.
Comme on dit là-bas, Aristide planqué chez Mandela,
Ca va pas.
Palu, sida, ça va pas.
La famine chez moi, ça va pas.
Mourir chez toi, ça va pas.
Tout pour le Roi
Rien pour les villageois.
Assommé bien au fond d’ mon âme,
J’ai perdu ma voix et ma foi.
Se battre contre qui, contre quoi ?
Noyer l’ poisson dans une purée d’ pois.
Va voir là-bas qui subit, qui cherche, à tout prix, à fuir
Le pire, le Roi, ses délires et ses sbires.
Où les rats grouillent dans les décharges,
on s’ bouffe le minois pour un caps’ de coca.
Ne joue pas les rebelles ou tu paieras.
Y a qu’à voir le Christ sur sa croix.
La vie n’est qu’un éternel canevas,
Toujours y combattre pour ses droits.
« Fight for your rights ! »
Comme on dit là-bas, « Fuck a duck and try to fly. ».
Alors on déploie ses ailes, quitte à perdre ses plumes.
Comme on dit là-bas, « Inshallah», si Dieu veut…
Mais parfois c’est dur d’y croire, tant de fois bafouée ma foi.
Faut pas bafouiller pour baffer les malfrats.
J’ rape pas pour les cailleras !
Comme on dit là-bas, « Chupa la que cuelga ».
Alors on nous coupe les vivres et l’on n’a plus rien à brandir.
Rien à branler !
J’aurai toujours des choses à dire,
Même avec une voix d’ castra.
Comme on dit là-bas,
« Viva Zapata y Comandante Che Guevara ».
Comme on dit là-bas,
« Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux. ».
Fais pas l’imbécile. Tiens-toi droit.
On n’est pas la moitié d’un gangsta.
Comme on dit là-bas,
« Lève-toi et marche. ».
Ne compte pas sur l’arche
Avant d’accomplir ta tâche.
Ne te cache pas.
Quand l’horizon s’ fâche, fais lui face.
Sache que : Pas d’ grâces pour les lâches.
Pas d’ trêves pour les faibles.
Chaque jour est un jour béni par le Soleil,
Quand bien même on n’a ni armes, ni came, ni calme,
Quand bien même on s’accroche, à bout d’ forces, à la corde raide.
Comme on dit là-bas, Ethiopie, Addis Abeba,
« Mama est Africa ».
Alors, mon père, je suis oedipe-roi.
Comme on dit là-bas,
« Fais gaffe à la clave qui te donne la mesure.
Fais gaffe à la dame qui t’aura à l’usure. ».
Comme on dit là-bas, le mal vient d’ici.
Alors on pousse à l’homicide et puis les anges se suicident.
Comme on dit là-bas, « Dispersez-vous ! »
Ou, roulements d’ tambours, on sort les clairons,
Dernière sommation.
Comme on dit là-bas, 2 poids, 2 mesures,
Pour que ceux qui creusent s’usent
Au fur et à mesure.
C’est alors qu’on susurre la droiture imbibée de sulfure
Pour que la sous-culture perdure
Comme un résidu d’uranium.
Ordures,
Je joue les durs tribuns. J’envoie sans mesure
Pour que les triturateurs purgent leur peine,
Ceux-là mêmes qui accusent un lourd tribut.
Sûr qu’ils y crurent. Qu’on les bouffe tout cru.
Dédicace à toutes tribus.
Tu m’y as vu ?
J’avoue : Là-bas, c’est chez moi.
Comment dire ? Comme on doit dire.
C’est-à-dire ? C’la va sans dire.
Comment dire ? Comment faire ?
EN ATTENDANT, J’ATTENDS
On fête une coupe du monde, on pleure une coupe du monde.
Mais pour les enfants du monde, innocents qui succombent,
Pas un cœur qui gronde, pas une âme qui se morfonde.
Ma Terre est-elle ronde lorsqu’un voile immonde inonde,
Tel une chape de plomb, l’hécatombe de ces bombes infécondes.
J’éprouve une honte profonde à gommer de la mappemonde,
Toutes ces étoiles qui tombent et s’éteignent dans l’outre-tombe.
Qu’on daigne à peine accorder, de silence, une seconde,
Aux peines éternelles que sèment les pertes à l’ombre de mon univers…
Pour les enfants de la terre, les enfants de la guerre
Qui, pendant une vie entière, se saignent jusqu’à la dernière goutte.
C’est qu’ c’est pour de vrai et pas pour le blé.
L’enjeu n’est pas l’ même des 2 cotés quand le terrain est miné.
L’adversaire que tu es n’est pas prêt d’ se blesser.
Tir d’obus, prime de but, chargeons nos coupes de bulles.
Quand vient la 3ème mi-temps, c’est toute une nation qui s’éprend et s’étreint.
Si t’es fier d’en être, allez, frappe dans tes mains !
Après tout, j’ suis qu’un grain d’ poussière. Y’a rien à faire.
Je joue les bouc émissaires, juste histoire de pondre quelques vers.
C’est, comme confesse, trop aisé pour laver cette putain d’ saleté
Qui colle à mon corps d’ blanc-bec
Terrorisé rien qu’à l’idée d’ tenter d’ justifier mon innocence fabulée,
Au soir de la grande messe qui m’offrira au pénitencier.
Penser s’en tirer indemne ?
Faut pas rêver, faudra payer ! Les ailes déplumées, le cœur goudronné,
Nous sommes les Enfants Terribles d’une société dégueulée,
Qui s’écoule sur le temps, ne répandant que les larmes du ressentiment.
REFRAIN : En attendant, j’attends que les temps changent,
Pour que les comportements, au gré des vents s’adaptent,
Et que les fondements de ce démentiellement suintant,
Suffoquant monde puant, laissent place au silence.
J’attends que les gens pensent avant de foncer,
En crachant sur leur passé qui fout l’ camp.
Trêve de boniments !
Omettant de flatter poliment,
Je reste en mon rang, discret, distrait, distant,
En attendant, j’attends…
J’y pense et puis j’oublie…
C’est la vie, c’est la vie qui a les idées salies, de part en part saillies.
Je parie que ça finira mal, tout ça.
C’est facile, j’y mets toute mon oseille sur la table.
C’est elle qui m’assagît, m’assît près du carreau,
Assassina mes plus vives inspirations.
Mais j’inspire encore et encore, jusqu’à la mort.
Avec ce putain d’œdème qui dévore mon abdomen,
Mon flegme n’est pas flemme. Si je suis blême, c’est un euphémisme.
Dans mes yeux, on peut lire l’ineptie.
Mais c’est la tristesse qui m’accable, un spleen infatigable.
Au sprint vers la victoire, je chute et je m’écrase.
Je gis avant la ligne. Je jouis d’hypochondrie.
Je cultive la fuite mélancolique.
Je conjure le sort statique en refusant l’effort physique.
On méprise mon inertie contemplative
Quand, face aux médisances nuisibles, je reste méditatif.
Je vise le mille, juste après la virgule.
Je tire vers l’infini, me défile, tranquille.
Maître de la didactique neurasthénique,
Face à la despotique boulimie génératrice,
Dédicacé en style, au nom de mes victimes…
LA VERITE SORT…
Il était une fois en France, la naissance d’un enfant, la jouissance d’une maman au 1ers battements.
Quand la tendresse scintille de mille feux dans le reflet précieux de la pupille d’un ange, c’est comme une
Réminiscence évanescente de la lumière intemporelle,
La joie d’un instant durant l’ quel c’est tellement bon d’ foutre le camp…
Mais ça grandit vite. A peine vécu qu’ ça tombe dans les oubliettes.
Pas de mémorial pour le commun des mortels, alors,
Dès l’école, on s’ donne à cette chienne amnésique.
Vivre au jour le jour, faut s’endurcir et surtout pas mollir.
Quand la crudité prime, la nudité est si fragile
Qu’on s’ fond dans l’obscurité, pour ne pas finir en bâtonnets,
Emmêlés dans un filet dérivant, jusqu’à en crever.
Quand on n’a pas les jambes pour prendre le train en marche,
On fonce, tête baissée, face au vent, sans avancer.
On cravache, on crache, on s’arrache.
Mais y a rien qui marche, alors on devient l’apache caché au fond d’ la classe.
L’allergie à c’ putain d’ système forme des soldats d’argile.
Mais les imbéciles ne rampent plus quand stupid
Boy rime avec bad boy, sick and destroy,
Destinée qui colle à la peau.
Am stram gram, jouer le rôle du pas d’ bol.
Pique et colégram, on braque pour un gramme de pétrole.
Bourre et ratatam, quand les nerfs craquent, c’est le drame.
Am stram gram, que crament le patrimoine, le patriotisme, et le patronat.
Etats d’âme ? Connais pas !
Haut les mains, quand peau d’âne a l’arme à la main,
La maîtresse a mal aux reins.
Pervers gamin, le cœur brisé sur la table.
REFRAIN : La vérité sort de cette putain d’ gueule. Elle n’est pas ailleurs.
A l’école, on m’a appris « décolle et vole.
Si tu restes cloué au sol, tu finiras par t’étioler ! »
Pour le zélé, c’est aisé.
Mais quand tu portes pas les bonnes grolles, c’est
Grosse claque sur grosse claque !
Comment gommer une fatalité gravée dans la roche ?
Creuser à la pioche quand t’as tiré mauvaise pioche.
La vie est une tête de pioche, pour de vrai, une salope.
Arrache-lui la culotte et prends-la par les cornes !
Le couteau sous la gorge, comment garder les idées claires ?
N’as-tu jamais dansé avec le diable, au clair de lune ?
Y a ceux qui jouent les intellectuels, et ceux qui font pas semblant d’avoir les grosses burnes.
Le futur ? Mais quel futur !
Tout c’ là n’est qu’un prélude à la miséricorde.
Dur de garder l’attitude sur le bitume insoluble.
Comment larguer sa charge lorsqu’on vit loin de l’altitude ?
Inaptitude conséquente au manque de sollicitude,
C’est l’habitude, lassitude. Une certitude,
Y a pas à faire d’ calculs, c’est toujours les mêmes qu’on encule.
Les temps sont durs. Les tensions durent.
Depuis des lustres, on cultive la rancune.
Avocat ou médecin ? Rien d’ tout ça !
Chômage ou parpaing, rien qu’ ça !
Revoir sans fin le même schéma.
Y a pas le bien sans le mal. Y a pas le riche sans le paria.
Mon aria est une mélopée tiraillée de tous les côtés.
Comment tenir la note sans trébucher ?
Cicatrices et tatouages marquent un vécu semé d’embûches.
L’important n’est pas la chute, mais l’atterrissage.
Au mieux ? Tu bûches
Pour sombrer dans la débauche.
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, ça part à la casse.
Boire la tasse, s’enliser dans la vase, marécage…
Ouvrez, ouvrez la cage aux ratons,
Qu’ils courent, qu’ils courent au gueuleton,
Finir dans la gueule du glouton python royal.
A la vérité, c’est la loi d’ la savane.
Né bufflon, tu finiras pas lion.
Ne joue pas les moutons. Ne roule pas pour les chacals.
Ca s’ passe près d’ chez toi. Y a pas d’ quête des étoiles.
Vivre en paix avec les siens n’est déjà pas si mal.
Mais on a vite fait d’ tenter l’ diable.
A force de graille du macadam, on s’évade comme on peut,
On va prendre là où y a !
Les yeux dans les yeux, vois qui a les foies
Et qui joue des flas sur la peau détendue d’un tambour,
Pour le drapeau bleu, blanc, rouge…
MAIS POURQUOI !
Je suis né entre les arbres et les arbustes, pas entre les blocs, sur le bitume.
J’ai pas connu la haine et la galère. J’ai pas connu les flingues et les bastons.
Je suis bien loin des gangs et des gangbangs, et la seule que j’ai shooté, c’est la douille du bang.
J’ai jamais eu à faire le deuil d’un brother. J’ai jamais eu à venger ma p’tite sœur.
Mon père et ma mère sont toujours là pour moi, quand j’ai b’soin d’ sentir un cœur qui bat.
Je suis le profiteur terré dans sa campagne, le fils des bourgeois, pour qui on bat la campagne.
J’ai pas b’soin d’ cramer des bagnoles. Si j’ veux m’ défouler, j’ rentre à l’aise dans les discothèques.
J’ai jamais eu besoin d’ me faire la belle. J’ai jamais eu besoin d’ me faire les pecs’.
La guerre ? J’la mate à la télé. Pourrait-on dire qu’ ça m’ fait bander ?
Entre 2 pubs pour des 4/4, mais moi, j’ veux rouler en cabriolet !
Pour crâner, pour niquer, pas b’soin d’ draguer, juste à cracher la monnaie !
J’fais partie d’ cette minorité d’ fourbes qui s’ la jouent perdus dans ce monde fou.
REFRAIN : Je me demande, je me demande… Je ne sais pas, je ne sais pas… Je voudrais tant, je voudrais tant… Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi !
Je suis l’étudiant, poil aux dents, qui glande et qui s’en branle, qui s’ cuite tous les soirs, qui s’ ruine au pinard.
Ouaih, j’ai la mèche rebelle, nostalgique de l’époque beatnik,
Dès qu’ j’ai l’ moindre problème, « allo connard ? J’ai b’soin d’oseille ! »
J’ai les mains douces et qui sentent la savonnette, avec dedans un poil gros comme un Roméo et Juliette,
Dans tous les cas, j’ai qu’à faire mon caca nerveux. Je suis le fils à papa, le bienheureux.
J’reprendrai l’affaire pour la faire couler, sans oublier d’ licencier tous les employés
Et d’ vendre mes parts sur le marché pour faire fructifier le patrimoine hérité.
Pour être boss, il faut bosser ? Mon vieux a bossé pour moi et pour ma progéniture.
Mais, des enfants d’ salaud, à quoi bon ? Eh ! J’ veux pas perdre mon temps !
J’ sais même pas quoi faire de mon argent. Je suis veinard et avare.
Le donner à l’aide humanitaire ? Oh ben oui, car je suis imposable !
J’ai plus ni besoins ni rêves. Pourtant, à tout bout d’ champ, j’ sors la carte bleue !
Une coupe de champagne, un plein d’essence, un week-end à la playa… Beaucoup d’aisance !
J’fais du rap et j’ me prends pour un grand bandit, un grand méchant loup dans la bergerie…
En vérité, c’ que j’ kiffe dans la vie, c’est m’astiquer l’ zizi dans mon lit douillé.
Y’en a qui portent la marque pour jouer les bourgeois. Moi, j’ porte la marque pour jouer le scarla !
Et quand on veut m’ foutre à poil, … quand on veut ma peau…
MISSION
Un macchabée sur la plage arrière, un amer du ministère, ce soir c’est moi qui l’enterre, un père, un frère, … rien à faire !
Ce soir sonne le glas, j’ pars pour Amargosa , à la 25ème heure, me voilà toujours face au destin tragique d’un gageur pris d’ panique, mon ranch à Death Valley, loin du Pacifique.
Je suis aux gages des gros bonnets, j’aime le bif’ easy, la monnaie aisée, j’ kill pour la bill et kiffe ça, j’ai l’assentiment du président.
Plus flippant que, pour un black dans un bloc, la détente du glock sous l’index d’un flic, j’ai la culture automatique, je n’ bande que pour la gloire et l’ fric.
Dans les soirées branchées, j’ porte le gilet, comme Dr. Dre à L.A., j’ déjoue les complots, dénoue les kabbales, sans jugement ni états d’âme.
A Las Vegas, ma préférée c’est la roulette russe, j’ai la business’ class car je roule pour les plus gros gus.
Comme Baguera, toujours dans les parages, même pas peur d’ Sherkan, j’ suis un gangster dans l’âme, plus d’ larmes à l’œil mais l’arme à la main, j’ dégomme et gomme de beaux demains.
Jouer au soccer sur des terrains minés, comme des suckers, s’ la raconter, on tousse avec tous ces grains d’ poussière, on s’ pousse pour faire tourner son affaire.
Suck off, une secousse dans mon coffre,
Fuck off, une soucoupe de cops !
L’œil hagard, je suis David Vincent, la hantise des vampires, j’ai ça dans l’ sang.
J’ balance un cocktail molotof, m’en allant proprement, sans laisser d’ traces, l’ Davidoff entre les dents quoi qui s’ passe, j’ sors la kalachnikov, j’ suis efficace !
J’ai pas l’ 9mm du keuf, mais j’ taffe pour les mêmes, c’est ça l’ bluff, i’ m’ paient la blanche et la portoricaine quand pour eux j’ prends l’AK47 et dégaine.
Un blunt de skunk sous la véranda, 2/3 pétasses qui baisent pour moins qu’ ça, baisse la culotte et appelle-moi Papa, tu veux pas ? J’en ai butté pour moins qu’ ça !
J’engrosse toutes ces salopes, j’ai un uzi dans mon string Armani, y’a tant d’ sales gosses dans la vie, ici y’a pas d’assurance-vie.
C’est les mystères de l’Ouest, avec ma winchester et mon couvre-chef, sers-moi une boutanche, une mouche s’y étale derechef !
Si j’ porte le perf’, il est taillé dans ton jambon, tas d’ viande,
On n’a pas peur des rayons du Soleil, on n’a pas besoin d’écran protecteur.
Tu connais notre cause, pierre après pierre, on pose,
Ne viens pas piller notre kolkhoze, on t’ trouvera coast to coast !
De faux papiers pour se cacher ? … J’irai t’ chercher jusqu’à Bodega Bay,
Sors plutôt les gros billets, si tu veux pas t’ faire fumer.
C’est les Mystères de l’Ouest!
MON P’TIT NICOLAS
Son ambition est le nerf de la guerre, effacer les racines, affamer des familles entières.
Sous la bannière, s’offrir des repères virtuels. Quand l’adrénaline culmine, les sentiments s’enfoncent profondément
Dans cette terre stérile, en jachère, barbariser ses frères, renier ses pères, ignorer l’hémoglobine déversée des veines de notre Mère.
Cracher son glaire sur l’asphalte qui pue la demer, vulgariser la galère, valeur contemporaine. Quand les besoins primaires se font secondaires, entretenir la misère pour fertiliser la haine.
Psychose du mal dans l’œil de son prochain, alors on s’enferme et on s’ fixe face à la nébuleuse cathodique, amas difforme de conneries qui tournent en boucle, diffusées dans un but précis, annihiler les foules !
Faire, de l’être humain, un fou prêt à tout pour faire sécréter ses glandes sudoripares, vomir cette graisse qui s’entasse et encrasse le putain d’ système impérialiste occidental.
Combattre avec des monstres venus d’un aut’ monde, on vit dans un feuilleton de science-fiction. Mais quand la réalité dépasse la fiction, la vie est un cauchemar où Morphée joue les bâtards.
Amorphe, le commun des mortels s’y abreuve de sang froid, connaissant pertinemment l’issue et le grand gagnant de la loterie systématique… Qui nous nique ? Nicolas évidemment !
T’as vu les nouveaux riches ? Faites place aux nouveaux bagnards, de pauv’ crevards hérétiques au teint blafard.
On diabolise des condamnés qui, depuis tant d’années, refusent de s’engager dans des combats à l’éthique délavée.
Inquisitorial autodafé, guerres coloniales, guerrias dans les ghettos, non ça n’a rien d’ nouveau ! La conjecture fait d’un p’tit voyou de bas étages, l’ennemi public n°1, scalp mis à prix en 1ère page,
Malappris mis à l’écart, symbole de l’abrutissement qui sévit au quotidien dans cet environnement puant, une malaria instituée par les malfrats qui gouvernent un Etat de non droits, instituteurs de foi.
Pour elle, nous sommes des instruments à vent interprétant, au diapason, une symphonie martiale et déconcertante.
Et, si tu n’ t’accordes pas avec le la, bouge de là, ou tire-toi une balle dans l’ crâne. Et quand ça dérape,
« Clic, BING, plic ploc », les flics débarquent ! Arrestation spectacle, devant le 20heures, ça renâcle.
Histoire d’avaler la pilule sans faire de foire, purgatoire dans de la graille pour clébards soir après soir.
Nicolas jubile devant son poste, quand un innocent s’envenime à passer la nuit au poste.
Mais on n’est plus des gosses, on n’est pas des ghosts. L’indifférence de plus en plus grosse, ça va faire des bosses !
REFRAIN : Nicolas, dès petit, toujours il vomit. Nicolas n’est pas grand, mais déjà méchant.
Nicolas se la joue Jules César, il voudrait venir pénard pour nous dire « J’ai vaincu ».
Connard, c’est c’ qu’on verra. On en a connu des avatars. D’ores et déjà, ton empire ne tiendra pas
S’ébranlera, s’effondrera. L’histoire n’aurait-elle pas laissé des traces dans ta tête de piaf ?
Cesse de tracer et réveille-toi, dans ton monde d’utopie, on est tous des barbares !
Comme Attila, on veut juste un peu d’ bouffe et d’ liberté, de paix et d’égalité.
Prends cette baffe comme une alerte préventive, car, quand l’alarme retentit, il est déjà trop tard.
En parlant d’ Jules, donne-moi des nouvelles de Jacques, spéciale dédicace à celle qui rit quand on l’encule. J’ai la culture de masse, et, de but en blanc, je suis le toubab qui crache à la gueule de tes agents.
Nicolas, ça rime avec quoi ? Avec chocolat ! J’te f’rai caca-cola sur la ganache, même k.o.
Chaud cacao, bananes et noix d’ coco, j’ai ma carte et mon visa. Navré, ici c’est chez moi.
Importer d’ la bouffe dégueulasse pour que dalle, mais que la main d’œuvre à 2balles regagne bercail pour y purger son bagne, afin d’asseoir les fondations du système libéral, quand les ouailles se font objet de joie à la cour du Roi.
Pour ta consécration, j’ t’offrirai une cage avec un poulet froid, de quoi t’ gaver jusqu’à la crise de foie.
Il était une fois, dans la capitale cannibale, un marchand d’ volaille qui avait la foi en la mitraille.
J’sais qu’ t’apprécies l’ gaspillage de balles, alors avale ma rafale, quand j’encrasse des pages et des pages
Pour que tes medias fassent de moi la nouvelle star, numba’ one au prime time sur ton canal phare.
Suce-moi pour une voix, j’ sais qu’ t’es un p’tit vicelard, et si ça l’ fait pas, traite-moi d’gangsta’ et fous-moi au placard.
C’est comme ça qu’ ça marche dans cet havre de tares, mister D’FeuZ, bouc émissaire, c’est de l’or en barres !
PAS CONTENT
On s’ balance, comme des glands
Pendant à une branche branlante, oscillant à la fréquence des vents.
On s’ ment, on s’invente une ligne distante…
Cependant, au demeurant dépendant.
Franchement, vivre, en harmonie avec ses illusions,
N’est pas vraiment dans l’air du temps.
Alors, on ère comme des bêtes sauvages.
Gage que nage dans la vase, sans masque à gaz.
Dans cet environnement oppressant,
Si t’as du cran, alors sois franc comme Francky Vincent.
J’en connais peux qui n’ont pas c’ regard biaiseux,
Vicieux, ambitieux. Difficile de s’ viser dans les yeux !
C’est tellement facile de s’ laisser bercé,
Préservé derrière sa carapace glacée.
Tous restent froids, malgré tout c’ qui s’ passe.
C’est chacun pour soi dans cet univers de passe-droits.
Le Monde se divise en 2 espaces.
On aura beau s’ voiler la face !
Mais, par un passe-passe sous le passe-montagne,
Lorsque le revolver passe à l’autre poigne,
On va pas faire patte de velours.
On va être très, très méchant.
On n’est pas très, très content…
On n’est pas très, très content…
Dans l’ignorance depuis l’enfance, d’accord,
Mais va falloir cesser d’ jouer l’innocence. Dès lors,
En toute conscience, se faire violence,
Dans cette France froissante
Où la tension est croissante.
Forcément, tant qu’ les possédants auront l’ beau rôle,
Et les sans-rien, bon dos.
Dire qu’y en a qui trouvent ça drôle !
Frôler le chaos une fois d’ trop !
L’appel de De Gaulle était-il un cri dans l’océan.
C’est en y pensant, briser le silence,
Pour que la chance change de mains.
Que l’on songe à demain,
Pas si loin, de plus en plus certain,
Le destin des vilains !
Sur la liste, n°1,
Alors prenez-vous en main, ou vous prendrez dans les dents.
1 fois, on prévient. 2 fois, on lâche les chiens.
Jamais 2 sans 3, préparez l’ terrain…
Car c’est un drame qui se joue ce soir.
Quand vient l’heure du jugement,
Que le sang coule,
Les larmes pleuvent à torrent.
Ca f’ra terriblement d’ dégâts.
Mais ce n’ s’ra pas la 1ère fois.
Une goutte de trop qui monte au ciboulot,
Et c’est tout l’édifice qui s’écroule pour tomber de haut.
Planquez vos mômes ou gavez les d’hormones.
Mes braves ont trop chômé, contenu leur fougue.
Ca va être un putain d’ coup d’ foudre, embrasée la poudre !
Y’a déjà beaucoup trop longtemps qu’on attend c’ moment,
Tapis dans l’ombre, comme des truands…
Que les cloches sonnent le glas,
On va être très, très méchant !
On n’est pas content !
RIDICULE
REFRAIN : On m’a souvent raillé, on m’a démonté, démotivé, ridiculisé !
Nabot, baisse ton froc, qu’on s’ moque en bloc, racket et troc, c’est le myope qu’on escroque.
Gringalet laid n’aime pas parader, forme son pedigree loin des regards matraqués,
Foutez-moi la paix, lâchez-moi la grappe, est-ce ma faute si vous êtes niais ? Vous pouvez bien jouer les p’tites frappes !
S’ t’as tes couilles et ton couteau, gardes-les, bien au chaud dans ton futal, ton attirail de gigolo pédale.
A moins d’être prêt à brandir ton trou d’ bal, pour gravir les strates et les échelons, histoire de subir l’humiliation.
Ca fait toujours mal, malgré l’inhibition, le ridicule ne tue pas, mais la solitude qui résulte de l’indifférence aux maux d’une âme est parfois fatale, et la réaction radikale !
Annihilation des sensations, perversion, dénaturation, sont conséquentes à la victimisation, oppression, scission sociale.
Terrer ses complexes, à l’écart, accroupi dans un couloir, avec un walkman comme seul camarade,
Ca fait des jaloux, ces zonards qui préfèrent jouer les voyous, noyer c’ glaire de rats morts plutôt qu’ broyer leurs idées floues.
Vous n’ s’raient pas déçus, vous m’avez rendu fou, ma vie n’a plus du tout d’ goût, je suis paré aux coups !
D’FeuZ débarque en force, bombe le torse. J’suis fier comme un corse, j’ suis un breton, tête de con !
Grave le son entre le tronc et l’écorce, attend qu’ la mayo’ monte pour balancer la sauce
Corsée, France con carne, j’ fonce comme Ayrton et tant qu’ c’est d’ la bonne, j’ me donne !
Borné, mort-né, tu connais quand ça déconne, destiné d’ Corleone Don, à chaque corner, ça cogne fort !
Sur la corde raide, swinguer au-dessus du vide, guidé par ma trouble vision, décalée du monde,
J’ gronde, je grogne, j’ m’efforce de porter la voix. Quitte à tomber de haut, pourquoi parler tout bas ?
Toujours critiquer, toujours chercher à priver, à privatiser, pour être le premier. La monnaie et toutes ses oies gavées, c’est donc ça, la vie ? En paix avec moi-même, armé d’harmonie, j’oublie.
Les gens se vantent, au moindre tort, invoquent le mauvais sort, fiers comme un pan, tels Artaban,
Ils s’arborent et s’adorent, sculptent leur corps, s’enseignent devant D’Arvor, nagent dans leur auge à porcs.
Ils se la racontent avec leur science infuse. J’accuse ! D’FeuZ fuse. On me traite d’illuminé. J’use de mes idées claires, sûr que ça va les miner, susurre à l’oreille des rusés qui n’ font qu’ brouter la pâture.
Ruminer des ragots pré mixés, si c’est aisé, c’est exprès pour être dégueulé express dans les wc’s.
Prends donc une dose de désodorisant dans les dents ou fermes ta gueule ! Si je suis aveugle, tu n’as qu’un œil pour tisser ton linceul.
TAISEZ-VOUS
REFRAIN : Organique, mais organisé et biaisé… Taisez-vous !
Pour maîtriser la puissance, l’Occident, le strident silence.
Tout ça s’oxyde grassement, mais toujours dans l’harassement.
D’Arras à Menton, les apaches s’arrachent pour se faire le triple menton !
Mensonges et trahisons, depuis des générations, le poison endort. Creusons les tombes.
Les ondes nous sondent, la surveillance s’accroît. Les matons guettent le monde de leur station orbitale.
Gèrent leur prison, cerveaux en ébullition. Emboîtent le bouillon pour une bonne conservation.
Mais la poubelle gonfle, se bombe, et pète. Et lorsque ça déborde, bonjour les déboires !
Si ça daube la pisse, les illusionnistes fuient et nous disent, « Vous êt’ le vice qui la fît ».
Systématisation envers mes filles et mes fistons, diabolisés comme la syphilis qu’on élimine à la pénicilline.
Borné et signalisé, c’est le Styx qu’on veut nous faire traverser pour nous fixer.
On n’a pas peur d’ plonger. Et dans l’union, oublie le talon d’Achille, nous vaincrons nos démons !
Syrinx se noie pour échapper à Pan. Mais Pan est le Roi, il fait d’elle un bout de bois.
Je joue de la muse, je l’avoue. Je ploie la voile du corsaire et me laisse amadouer.
Corsée, envoûtante, l’élixir me plonge dans un comas subliminalement séduisant.
Je suis un elfe évanoui dans l’air. Oubliant mon élingue et mon zèle, je me fonds sur le zinc,
Zen, anesthésié, asphyxié, bactérie parasitée.
Encore une victoire des connards ayant fait, de moi, une crasse fécale vomie sur le trottoir.
Aux yeux des zombis décidés, résolus, aveuglés, sclérosés, la donne est erronée.
Les arnaqueurs se frottent des mains sales et se lèchent les babines, sans scrupules ni soucis.
Quand la vermine crève, les actionnaires s’élèvent ! Juges et bourreaux élus par leurs élèves.
Cependant, c’est con, pas de sous, pas de Charron. Sens-tu le courroux au retour des morts-vivants ?
Toute une vie à 4 pattes, comme des chiens, plus d’affecte, plus d’intellect, les coups pleuvront !
Je vengerai, tel le Sphinx, doué de ma voix.
Aucun droit d’ réponse pour les rouages de cette machine infernale !
TENSION
REFRAIN : Je n’y vois goutte dans ce monde de bâtards. On nous envoûte de Paris à Dakar. La tension monte d’un ton à chaque carrefour. On grille les feux rouges, on fonce comme des sourds !
On fonce comme des sourds. On fond comme des vautours, sentant la charogne du haut des tours où les fous poussent le vice à bout jusqu’à la mort.
Sans vergogne, tous ces borgnes s’ saoulent au champagne, s’ serrent des poignes sales en nous saignant jusqu’à la moelle.
Le savoir pèse lourd ? J’ cogne fort ! Cours trouver des s’cours… Trop tard, t’as eu tort, j’ vais t’ régler ton sort, pas pour remonter le score, juste pour assouvir le réconfort. Tu m’as saigné comme un porc, alors j’ vais t’ violer comme un porc !
Tu veux m’ porter au barreau ? Dorénavant, je suis le procureur ! Les jurés sont les enfants que tu as assoiffés de sang.
On rétablit la peine de mort. Ce n’est plus une révolte. Tu peux plaider la folie, rien à branler, ça va être gore.
Assouplir, assoupir, assombrir, assourdir,… pour mieux assujettir, pour mieux asservir !
Je bannis les malfaiteurs qui s’associent pour mieux cibler les miens, briser les liens, cribler les hérétiques pour en faire des parias.
On n’y voit rien, muselés comme des chiens. On porte tous les œillères du tocard, du vaurien,
Bon qu’à tirer la charrue avec ces bœufs qui labourent nos mémoires, nous encapuchonnent comme des pèlerins. Mais gare aux déboires
Car je n’ suis pas un faucon mais un requin, affamé, assoiffé de sang. Garde ton avoine et ton foin !
Le païen est sur la paille et n’a plus rien à perdre. Planquez vos perles, vos diamants, vos pères et vos enfants.
Dingue, dingue, j’ dégaine. Bang bang, j’ sors mon flingue !
Et tire sur ceux qui nous peinent, nous plaignent et nous contiennent…
Goûte la complainte de l’éternel contraint.
ALI
Un soir, en rentrant d’ l’école,la gueule dans mon bol,
Un bouffon m’a dit « Toi et moi, moi et toi. ».
Aujourd’hui, j’ai grandi et Ali m’a dit
« Moi, Nous »
Ce n’est pas une compèt’, c’est le combat,
Le destin d’un prophète, le prestige d’un véritable
Génie de la vie, don de la nature,
Amour de ma vie, au cœur pur.
Dur d’y croire, ici-bas,
Cité où les bouffons s’ prennent pour des prophètes.
Ali, aide-nous à y voir plus clair.
Ouvre-nous la voie qui mène à la miséricorde,
Loin du berceau de nos mères, nos pères,
De nos frères, de la planète Terre,
Où les guerres persévèrent,
Où l’œil est sévère,
Mais où le cœur reste ouvert.
Loin des battements d’ailes du papillon,
L’agressivité des abeilles dont on assaillit la propolis
Pour les vider de leur fluide vital,
En faire des zombies ouvrières…
Massacre chez les Massaïs, un simple exemple,
Famine au Soudan, Sida au Botswana, un simple exemple.
Au cimetière des éléphants,
Quand le plus grand renaît de ces cendres,
Ali a dit « Boma ye ! »
Refrain : Ali, Boma Ye
Ali n’a pas b’soin d’ proclamer « L’Afrique est à moi »,
Représente Mama des USA à Kinshasa.
Cache-toi si tu combats pour le cash,
Car Mohamed combat pour Allah.
Pour que les enfants dansent, pour que les enfants chantent,
Il boxe avec les mots.
Plus King que King Kong sur le building,
Plus stylé que quiconque sur le ring.
Pas d’ démo, que du vrai,
Quel ego, c’est du concret.
Comme le dream de Luther King,
On écoute attentivement le singer, le prince du swing.
Pas d’ frime quand on vit sur les cimes de ce monde perdu,
Arrimé à un récif,
Comme une rime imbécile dans un texte inutile.
Poétique et rythmique est la bataille,
Face à la mitraille en quête du Saint Graal.
En un regard, un putain d’orgasme,
Tremblent les Divas gagas de son aura.
Attendre dans les cordes, patiemment, l’Instant,
Et en un instant, retournement.
Tremblent les buildings,
Ce n’est pas une compèt’, c’est le combat.
Refrain
Salut l’artiste, ici l’échelle est sensible.
Les coups d’ poings sont quotidiens, et du soir au matin,
Quand on est Mohamed Ali et qu’on vient pas d’ Louisville,
Mais de Roubaix dans le Pas-de-Calais.
Pas d’ cadeaux dans cette vie d’ chiens.
Faudrait qu’on soit tous des prophètes,
« Moi, Nous ».
Mais c’est pas l’ cas, alors on a l’ sang froid,
Et pas la main tremblante, pour allumer la flamme,
Voir briller sa vie dans la nuit,
Ne serait-ce que 4/100èmes de s’conde, c’est speed,
Mais ça reste dans la tête des enfants terribles.
C’ n’est pas une compèt’, c’est le combat.
Encore un siècle de traites et d’échecs,
De stress et de presse qui dégage une odeur infecte,
Celle de la mort, de l’encre sur le papier,
Du sang sur le pavé, de toutes ces fleurs fanées.
Ken et même pas né,
C’est sale et ça nous parfume tous dans l’Occident,
Le strident silence…
Ali a dit « Boma Ye »
ASSASSINS (S) ?
Fête nationale, brass band municipal,
Allons enfants, soyons raisonnables.
Goûte au sang d’ mes morts,
Quand je palabre avec panache.
J’m’ arracherai pas, même si j’ n’aime pas.
Ici c’est chez moi, tu peux m’ cracher à la ganache,
M’ karscherrer la face, m’ traiter d’ caillera.
Ma langue est un chlass qui taillade tout,
Dans ma main, le pen une batte qui tabasse tout.
Le savoir m’assèche comme du Tabasco.
Briser les carcans, réguler les quotas et les prorata,
Y’a pas d’ quote-part quand tu travailles à la chaîne.
Une vie d’ trime dans l’anonymat,
Et la dream team se pisse dessus.
Dans la panade jusqu’au patatras,
Eh patate, réveille-toi, t’as la banane, t’as cru.
Travail, famille, Patrie…
Canaille, vice et sodomie…
NON MERCI,
Enfants Terribles, pas de merci.
Lorsque mon rap est suicide,
Qu’on m’assassine pour ma rime.
Naissance, usine, chômage, RMI, mort…
Dans ma ville,
Tous des mercenaires, tous des mercantis,
À la botte de l’aristocratie dès la nursery.
Qu’on les guillotine, pour que cesse le banditisme,
Que les bénéfices, acquis du travail des miens, reviennent aux miens.
S’il faut que l’on en vienne aux mains,
C’est pas demain, c’est maintenant.
Tant d’ blabla, tant d’ baratin,
D’FeuZ au micro, pur beurre de baratte.
Contrebraque, emboîte le pas.
Sinon, a quoi ça sert que je me décarcasse,
À l’intérieur d’une rame ou sur un trottoir.
Car mon taf n’est pas coté au Cac40.
J’suis pas une superstar
Qui n’existe que dans les bacs d’un mégastore.
Toujours productif, mais sans faire de profit,
Je partage et donne jusqu’à c’ que la lumière frappe.
Lorsque mon rap est suicide,
Qu’on m’assassine pour ma rime.
Naissance, usine, chômage, RMI, mort.
La crise de l’Occident a voué ma vie au Hardcore.
Quand mon rap est suicide,
Quand on m’assassine pour ma rime.
Naissance, usine, chômage, RMI, mort.
Naissance, usine, chômage, RMI, mort.
Qu’est-ce tu crois, qu’ c’est United States ?
Pas d’ ready-made, c’est du made in Rennes.
Hip Hop is dead ? Non, bien vivant et en direct,
Enfants Terribles, on the boil, dans la discothèque,
Se bat les caillasses, se fond dans la masse,
Sort de l’Undaground pour le face à face.
Sans toit ni loi, sans omerta,
Le savoir, la voix et la foi comme unique bagage.
Tels Noé armé par Héphaïstos,
Nous combattons pour un monde nouveau,
Une mosaïque ethnique, pas de panique,
Dont je bannis la peur du métissage,
Dont je bannis le pouvoir et la rage qui en résulte.
Car les possédants, obsédants
Ventripotents omnipotents m’ont excédé.
J’exècre, j’exécute,
Je brûle leur budget sur le bûcher.
Terminé, le buffet à volonté.
Enfants Terribles, pas de merci.
LA LEÇON
Fais pas ci, fais pas ça, ferme ta gueule quand les grands parlent.
Ci gît la subtile folie infantile. Ci naquit l’inertie de nos esprits,
La résistance à cette existence d’interdits, la simple envie de sourire à l’inouï,
De s’ouvrir à la vie somme toute relative, de sommeiller à minuit mais pas à midi.
C’ n’est pas facile quand tous les jours on nous met des bâtons dans les roues pour nous amadouer
Et, s’il le faut, des coups d’ bâton dans les g’noux pour nous freiner.
Jouir du fruit de l’érudition, la prérogative de l’élite dont l’unique vision
Est de lui soutirer le jus pour en remplir ses poches,
Clairement pas pour entretenir nos caboches.
S’instruire à l’intérieur du système… Laisse-moi rire.
À moins que le reniement de ses origines ait effectivement pour but
D’enrichir son esprit… Je n’en crois rien.
On m’ parle d’Hitler, mais pas d’ nihilisme.
On m’ parle de Staline, mais pas de communisme.
On m’ parle de Georges Bush, mais pas d’ christianisme.
On m’ parle de Ben Laden, mais pas d’Islam.
Si ma croisade est celle du savoir, je suis prêt à mourir pour elle, sur le trottoir.
Hélas, on m’a trop bien appris à avoir les fois,
Et pas la foi en mes convictions initiales.
Voilà pourquoi je reste planté là,
Pourquoi mon élocution verbale manque, trop de fois, de sens.
On s’est tant moqué de moi, dès la naissance.
En conséquence, l’enfant n’a pas bien appris sa leçon.
Refrain : L’enfant n’a pas bien appris sa leçon.
Il faut tirer la chasse quand tu viens d’aller chier.
Où tout ça va s’envaser, on n’en a rien à branler.
L’écologisme est à la mode,
Néologisme pour un retour au primitif.
En vérité, il est bien trop tard pour s’excuser
Quand on a assassiné sa propre mère au berceau.
C’est bien beau d’ bouffer des racines biologiques.
En Afrique, les pissenlits sont organiques.
C’est nécessaire à l’équilibre de notre hémisphère.
Que les choses soient claires,
J’ai compris qu’y avait qu’un hémisphère dans la lumière.
L’autre, c’est le tiers dont on n’a rien à faire.
Qu’il crève dans sa misère, dans le mépris de son propre frère.
Les ghettos, l’Apartheid, c’est quoi au fait, maîtresse ?
C’est pas dans l’ programme, alors cesse de nous faire perdre
Des années de vieillesse dans l’ignorance et donc dans l’innocence.
Les révolutions, d’accord, mais l’abolition des privilèges, alors ?
Les colonisations, pas d’accord, et l’abolition de l’esclavage, encore ?
L’Histoire a fait de moi un assassin, mais je n’en savais rien.
Jusqu’au jour où j’ai fui les chemins trop emprunts de boniments,
Donnant l’apparence d’un chien errant dans l’évanescence.
Mais l’ombre de mon spectre est armée jusqu’aux dents.
Non, je n’ vendrai pas mon âme passivement.
L’attitude du cancre j’ m’en foutiste, jusqu’au boutiste,
Est-elle un salut quand
L’enfant n’a pas bien appris sa leçon.
Refrain
S’est enfouie au fond d’ mes tripes, tout p’tit.
Depuis, ma vie n’est qu’un bad trip.
Et, lorsque j’ dois vomir tout c’ que j’ai dans l’ bide,
On m’intime vivement de ravaler ma chique prestement.
Ma mort s’ra facile à faire passer pour un suicide.
C’est vrai, dès l’école, j’ me plaçais près d’ la f’nêtre.
Mais, c’était pas pour plonger, c’était par manque d’oxygène.
J’étouffais. J’ai tout fait pour y échapper,
Laisser libre cours à mes idées, loin du tissu d’ foutaises
De cette éducation mièvre, dans ma tête, une fournaise
Que tout cet air a voulu rendre poussière,
Afin d’ l’enfouir dans une urne cinéraire, au fond d’un cimetière.
Fossiliser les songes des funambules en exil
Sous les frustrations funèbres de notre terre d’asile.
Taisons-nous, perdons-nous, aliénés par
L’immensité du néant d’une réalité bien vivante.
Roseaux penchants, autant en emporte le vent.
Encore de bonnes leçons à prendre, coups de couteau dans l’ bas-ventre.
Intransigeant, et sans aucune indulgence,
T’as qu’à l’ prendre pour de l’arrogance.
Enfants Terribles, pas de connivence.
LE ROI ABANDONNÉ
Cette puanteur d’urine le suit,
Le dissuade de croupir par ici.
Incapable d’alpaguer un peu d’ liquide à laper,
Le mirage flue de son iris ambré.
Le errant divague dans une steppe sans rivages.
Les hyènes le raillent, il piaille, mais rien à graille.
C’est terminé d’ brailler, le roi bafoué.
Baffée, la virilité.
La vérité sort d’ la bouche des nouveaux-nés ?
La sienne apparaît maintenant.
Évincé, éradiquée la descendance,
Il vagabonde dans une jungle sans retour,
S’endort à l’ombre d’une horde de vautours.
Il est assoiffé, il est affamé.
Il voudrait s’ délecter
Mais il est harassé.
À l’heure où les gnous courent, les antilopes galopent,
Le Roi s’étale sur le sol craquelé,
L’âme abîmée, le mufle noirci,
La couronne rouillée, la crinière grouillante,
Le cœur meurtri. Voici
Un nomade dans un no man’s land
Banni d’ la harde par un autre plus fringuant.
Finie la vie d’ pacha pour Sa Majesté.
Le Pirate de la savane est abandonné.
Refrain : Le Roi a faim, le Roi veut manger
Mais, le Roi, on l’a abandonné.
Devine qui débarque en force… Arrête l’intox, le Roi.
Les zèbres et les gazelles se moquent de toi.
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Cache-toi le Roi, honte au Roi.
Ah, ça rit, à la tombée d’ la nuit.
Lui qui abandonne, lui qui s’abandonne.
La promenade de l’impossible s’achève.
Une cervelle caramélise et sa carcasse carbonise.
À l’arracher, le chouïa de hargne qu’il a gardé,
Et s’affaler sous un acacia, en larmes,
Sur les berges d’une mare qu’il ne voit même pas,
Noyé sous le flot de tant d’ fracas.
La trame serait-elle sans entrave,
Les hyènes aux aguets, les vers à germer.
Mais Dédale, sur sa rame, ne se marre pas.
Il fout les fois et tous les charognards se barrent.
Entre nomades, l’entraide est normale.
Dédale s’est fait la malle, a échoué dans ces branchages,
Y est resté, perché à pêcher.
Pas b’soin d’ prêcher, seulement reposer en paix.
Il s’est cassé, s’est envolé pour se caser,
S’est posé là, à méditer sur son passé.
À présent, il est apaisé.
Le cœur léger, il y a trouvé l’amitié.
Refrain
Dédale a lâché ses outils pour une cane avec laquelle il nourrit sa carne.
Il est heureux comme ça, il respire la joie,
Sans avoir, ni à s’ justifier, ni à être jugé.
Ici où la loi est néanmoins la même qu’ailleurs,
Celle du dominant et du dominé.
L’erreur est humaine… Peut-être.
Revigoré, le Roi embrasse Dédale avec volupté.
Lui viendrait pas à l’idée d’ le dévorer.
Ils sont comme les doigts d’ la main et, ça, Dédale le sait.
Mais harmonie rime avec enharmonie.
L’inéluctable tour de roue, le caprice de la vie,
Quand arrivent les entrepreneurs avec leurs bouteurs.
Le perchoir abattu, Dédale chute… Horreur.
À travers le sombre fleuve, il fond.
Sans question, le lion plonge. Tiens bon !
Il tire, hors des eaux, son ami sans mérite.
Le pauvre dort déjà d’un sommeil profond.
Au bord du précipice,
Le Roi porte Dédale entre ses griffes.
Pas d’ signe de croix, décompte, 1 2 3,
S’élance et se sent soudainement aspiré par les cimes.
Au crépuscule, la Terre entière a vu,
En une étoile filante, le vol nuptial
Du Lion Ailé et de l’Homme Oiseau.
Du métissage et du drame de la vie naquit,
Cette nuit, celui qui, depuis, brille
Sur tous les miens, ici…
Sur ma p’tite Planète.



